Aubépine

 

Depuis la christianisation de l'Europe l'Aubépine est associée à l'image de la Vierge Marie et du Christ. Ses fleurs blanches symbolisent la délicatesse, la pureté et la beauté. C'est la fleur du mois de mai et du renouveau.

"A travers la plante immaculée se manifestent la Femme triomphatrice du Serpent et la Déméter païenne, maîtresse des germinations et des renaissances" (Lieutaghi).

Mais cette candeur cache mal des croyances moins innocentes et antérieures.

L'Aubépine à une odeur marquée que d'aucuns décrivent comme "l'odeur puissante de la femme". Il est probable que la symbolique de chasteté exagérée masque imparfaitement une connotation plus ancienne de sexualité débridée. Les diverses interdictions de mariages et recommandations de chasteté durant le mois de mai gravitent autour de cette dualité.

On l'identifiait  encore récemment comme protectrice contre les crapauds, les serpents, et la foudre. Aussi contre les sorcières et autres suppôts de Satan.
Si elle est l'épine de la couronne du Christ, dont les gouttes de sang teinteraient encore les étamines de sa fleur, il ne fait aucun doute que cette épine ait eu un passé plus sulfureux.

La Révolution française fit de l'Aubépine l'Arbre de la Liberté et on en planta 60 000 en trois ans. Il était interdit de les abattre. Durant la Terreur celui de Bédoin, dans le Vaucluse, fut saccagé et comme le coupable ne fut pas découvert, l'envoyé de la Convention fit incendier le village et guillotiner 63 habitants. Ceci, bien sûr, pour apprendre aux "fanatiques" à respecter les symboles de la Liberté !

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